| Préface à un ami Il est loin le temps, où confusément tu sentais l'appel de la sculpture et , bien modestement, tu taillais alors des morceaux de craie et sculptais des animaux pour tes camarades de l'école communale. Ce fus ensuite le début de ta vie professionnelle qui, avant de te fixer définitivement dans la sculpture, te conduisit de mouleur en fonderie de bateaux à la kinésithérapie. Adolescent, le soir, ta journée finie, tu fréquentais le "Musée du Soir", aux cours municipaux des Beaux-Arts de la ville de Nantes, ta cité natale. Cette ville et son école, qui après t'avoir reçu comme élève officiel à temps complet, t'envoyèrent à Paris comme élève boursier. Ce fut pour toi, je le pense, le grand tournant. Paris te reçut, son école Quai Malaquais t'y accueillit et Marcel Gimond t'accepta comme élève. Du contact avec ce maître, tu gardas le goût de l'analyse et le désir de toujours mieux connaître les lois qui font vivre les formes. Tu te renforças aussi dans la conviction que la sculpture est faite pour l'homme par l'homme et qu'essentiellement celui-ci en est le modèle le plus émouvant pour l'Art. Ta curiosité intellectuelle et sensible tira un grand savoir de la lecture, de la fréquentation assidue des musées et des expositions. C'est dans un de ceux-ci que tu découvris le buste d'Aménophis IV qui devint pour toi un secret modèle, non seulement pour sa qualité formelle inimitable, mais surtout pour cette spiritualité exaltée. Ce qui nous fait penser que la sculpture est un peu une saisie physique de l'âme ou tout au moins une relation entre le naturel et le surnaturel. On retrouve dans ton talent la forme maîtrisée sur un lyrisme interne qui occupe l'espace par le mouvement et la recherche des beaux rapports; car une œuvre est grande par ceux-ci plus que par par ses dimensions. Elle nous révèle un être sensible qui avec une œuvre d'une distinction un peu nostalgique nous fait contempler avec émotion le "devenir humain". |
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